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lundi 2 avril 2012

Hana Shalabi sera exilée à Gaza pour trois ans



L’exil vers Gaza pour sortir d’un enfer carcéral où l’arbitraire règne en maître, telle est l’issue qui se profile pour la palestinienne Hana Shalabi, 30 ans, jetée en prison en Israël sans ménagement, ni jugement, et en grève de la faim depuis 43 jours pour dénoncer l’iniquité de sa détention.Aux termes de négociations avec les autorités israéliennes, un accord au forceps est parvenu à infléchir leur décision à l’égard de la jeune femme qui, loin de la relaxe que son innocence imposerait, sera finalement exilée dans la bande de Gaza pour trois ans.

Hana Shalabi s’est résolue à arrêter sa grève de la faim, mais avait-elle une autre alternative, alors que la main de fer de l’Etat sioniste a exercé de fortes pressions et que son état de santé se dégradait de jour en jour ? M. Qaraqaë, ministre palestinien des Prisonniers, ainsi que le Club des pri­son­niers ont condamné sa "déportation". Cet accord est intervenu à la veille des mani­fes­ta­tions dédiées à la "Journée de la terre" qui, comme chaque année en Israël, protestent contre la spo­liation des terres pales­ti­niennes par Israël, à travers les Ter­ri­toires pales­ti­niens et à Jérusalem-​​Est.

Partie émergée de l’iceberg, le sort douloureux d’Hana Shalabi est là pour nous rappeler celui de tous les autres détenus palestiniens, dont la terrible réalité se mesure en chiffres et s'exprime à travers deux revendications essentielles : une tren­taine de prisonniers pales­ti­niens, dont un député du Hamas, ont cessé de s’alimenter, selon le Club des pri­son­niers, une ving­taine, d’après la porte-​​parole de l’administration péni­ten­tiaire israé­lienne, Sivan Weizman.

Tous exigent l’annulation de la détention admi­nis­trative et la fin de l’isolement car­céral, selon le Club des prisonniers, qui évalue à 700 le nombre des membres des ser­vices de sécurité pales­ti­niens aux mains d’Israël, dont cer­tains ont été arrêtés alors qu’ils por­taient l’uniforme.

En outre, 27 députés, dont 24 de la majorité par­le­men­taire du Hamas, croupissent dans les geôles israéliennes, y compris le pré­sident du Conseil légis­latif (Par­lement) Aziz Dweik, interpellé en janvier et placé en détention admi­nis­trative pour six mois, selon le ministère pales­tinien des Prisonniers. Au total, ce sont plus de 4.700 Pales­ti­niens qui sont derrière les barreaux israéliens, la plupart pour des motifs de sécurité, 320 d'entre eux étant placés en détention admi­nis­trative, une mesure héritée du mandat bri­tan­nique sur la Palestine, qui permet de garder en prison sans jugement des sus­pects pour des périodes de six mois indé­fi­niment renouvelables.

Source: oumma.com

vendredi 30 mars 2012

Hana Shalabi, en train de mourir pour vivre





La rhétorique qui caractérise le débat Israël/Palestine exploite l'émotion d'un crime pour en justifier un autre. Il est vital de garder à l'esprit qu'une vie de chaque côté ne vaut pas moins qu'une autre. Nombre de violations des droits de l'homme ont lieu en Palestine, reconnues comme étant illégales en vertu du droit international - toutes au prix d'un mépris flagrant de ce droit. Il y a près de deux semaines, les Nations-Unies ont produit un rapport qui condamne fermement la situation de discrimination systématique des Palestiniens par Israël. On a annoncé hier que le gouvernement de droite d'Israël a maintenant décidé de rompre tout contact avec le conseil des droits de l'homme de l'ONU (2). Encore une fois, il s'agit d'un exposé des faits tout autant que c'est un fait que les violations elles-mêmes ont lieu.
Hier une parodie de tribunal militaire d'Israël a également annoncé qu'il a rejeté un appel des avocats de Hana al-Shalabi, une Palestinienne de Cisjordanie qui est en grève de la faim depuis plus de 40 jours. Hana est détenue sans inculpation, et sans la moindre chance d'avoir un procès. Elle avait fait auparavant deux ans de détention administrative, déjà sans avoir été inculpée selon la politique d'Israël de détention de prisonniers sur des "preuves secrètes", qu'ils jugent bon de ne pas divulguer.

Elle a été libérée en octobre 2011, puis ré-arrêtée en février cette année.

Elle est une des dizaines de milliers d'individus qui ont été victimes de ce système.

Elle proteste pour elle-même, pour ses droits humains, et pour les droits des plus de trois cents autres détenus administratifs et grévistes de la faim palestiniens.

Son état de santé suscite maintenant de très grandes inquiétudes. Le juge du tribunal israélien n'a vu aucune raison de la libérer, bien que les médecins aient alerté que son cœur pouvait lâcher maintenant à n'importe quel moment.

Les avocats d'Hana sont également préoccupés par le fait que les responsables israéliens envisagent de l'alimenter de force - une action fortement condamnée par Amnesty International comme violation flagrante des droits de l'homme.

Il n'y a eu jusqu'à présent que très peu d'articles sur la lutte d'Hana dans la presse grand public, malgré un recours intensif à Twitter pour sensibiliser sur son sort.

Les mots-clic HanaisDying2live et HanaShalabi ont fleuri sur Twitter et le réseau social a eu un rôle clé pour galvaniser le soutien. Mais le temps est compté. Si la pression extérieure peut avoir quelque effet, il faut répandre l'information très rapidement.

Un article rapporte lundi (3) que la sœur d'Hana ne pense pas que sa sœur pourra survivre sept jours de plus.

C'est une honte qu'Israël soit autorisé à agir de cette manière, en toute impunité. Il ne s'agit pas de religion ; il s'agit de l'humanité commune que nous avons en partage.

Beaucoup de gens parlent déjà de Hana Shalabi, qu'ils soient juifs, musulmans, chrétiens ou athées. La différence est qu'Hana Shalabi va peut-être mourir parce qu'elle est palestinienne.
 
(1) Rapport du Comité pour l'élimination de la discrimination raciale, ONU, 8ème session, 13 février-9 mars 2012, publié le 9 mars 2012 (9 pages, en anglais, format PDF)

(2) Voir dépêche AFP sur Libération.fr

(3) "Inside the home of Hana Shalabi", Lina Alsaafin, 26 mars 2012, Al-Akhbar (en anglais)
 
Source: ism-france.org